Quelle place pour les jeunes filles dans le monde numérique de demain ?

Par Ania Tadlaoui-Brahmi

De nos jours, le numérique s’impose dans la majorité des sociétés modernes et tend à devenir une discipline à part entière au sein des classes (CIIP, 2020 ; Curran et…

De nos jours, le numérique s’impose dans la majorité des sociétés modernes et tend à devenir une discipline à part entière au sein des classes (CIIP, 2020 ; Curran et Ribble, 2017). Toutefois, force est de constater que les femmes participent peu aux innovations dans ce domaine (Morley & Collet, 2017). En effet, nombreuses sont les études qui montrent la sexuation de cette discipline au sein du monde de l’éducation et de la formation et sur le marché de l’emploi.

Répartition sexuée

En ce qui concerne les aspirations professionnelles des élèves, une recherche révèle des ambitions encore stéréotypées avec seulement 19 % des filles qui souhaitent s’orienter vers un métier où leur genre est minoritaire, comme le secteur technique. On remarque, par exemple, que le métier d’ingénieur·e est investi par 95 % d’hommes et celui d’informaticien·ne suit la même logique avec plus de 70 % d’hommes (Gianettoni, 2015). Ces deux exemples, loin d’être isolés, illustrent parfaitement l’inégale répartition des sexes dans la sphère du numérique.

Origine du phénomène

Afin de mieux saisir l’origine de ce phénomène, il convient de se pencher sur les croyances qui entourent les « savoirs » et leurs conséquences. Plus spécifiquement, suivant les domaines, on identifie des attentes qui diffèrent selon le genre de l’individu·e et qui peuvent impacter son sentiment de légitimité (Jacques, 2016). Au sein des classes, la division des savoirs, avec les disciplines, s’expose aux mêmes risques de représentations sexistes et donc de censure sociale (Mosconi, 2005 ; Collet, 2019).

Rôle de la recherche en éducation

Face à ces constats, la mise en place d’un enseignement jugé « masculin » tel que l’éducation numérique nécessite que l’on prenne en compte la question du genre, afin qu’indépendamment de son genre, l’élève sente légitime de s’orienter vers ce domaine d’études.

 

Bibliographie :

CIIP (2020). Plan d’étude Éducation numérique – EdNum. Version août 2020 en consultation.

Collet, I. (2019). Les oubliées du numérique. Le Passeur éditeur.

Curran, M. B. F. X., & Ribble, M. (2017). P–20 Model of Digital Citizenship. New Directions for Student Leadership, 2017(153), 35‑46. https://doi.org/10.1002/yd.20228

Gianettoni, L. (2015). Aspirations professionnelles des jeunes en Suisse : rôles sexués et conciliation travail/famille. Social Change.

Jacques, J. (2016). Définition des compétences propres à l’organisation des collections d’informations personnelles numériques [Thèse de doctorat, Université catholique de Louvain]. https://doi.org/10.13140/RG.2.1.2735.7689

Morley, C., & Collet, I. (2017). Femmes et métiers de l’informatique : un monde pour elles aussi. Cahiers du genre, (1), 183-202.

Mosconi, N. (2005). Rapport au savoir et rapports sociaux de sexe : études socio-cliniques. Éducation et francophonie, 33(1), 73-88.

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