Penser le BYOD à la lumière de l’empreinte écologique

Par Lionel Alvarez

Tentons d’appliquer le paradoxe de Jevons à l’actuelle numérisation de l’école. Pour rappel, l’école publique du primaire au tertiaire adopte des environnements/outils numériques dans l’espoir de faciliter l’apprentissage en général,…

Tentons d’appliquer le paradoxe de Jevons à l’actuelle numérisation de l’école.

Pour rappel, l’école publique du primaire au tertiaire adopte des environnements/outils numériques dans l’espoir de faciliter l’apprentissage en général, mais surtout, afin de viser des compétences citoyennes chez toutes et tous dans un monde futur franchement numérisé.

Quant au paradoxe de Jevons, il s’agit en bref de: plus une technologie se démocratise, moins elle peut être gourmande en énergie, mais plus elle est utilisée. En fin de compte, les améliorations techniques réduisant la consommation se retrouvent écrasées par les augmentations de consommation induites par le nombre. « Ce paradoxe implique que l’introduction de technologies plus efficaces en matière d’énergie peut, dans l’agrégat, augmenter la consommation totale de l’énergie » (Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Jevons).

L’école démocratise donc l’utilisation des outils numériques, notamment via le BYOD (bring your own device) ou le COPE (corporate owned, personally enabled). La seconde partie du paradoxe est ainsi facilité (voire actée), l’achat de machine sera de fait augmenté. Mais quid de la première ? La réduction de la consommation des ordinateurs ? Mes compétences d’ingénieries électriques sont assurément insuffisantes pour en juger, par contre je me permets de supposes qu’une amélioration à ce niveau sera plus aisément exploitée par les fabricants pour augmenter les performances des machines. En tous les cas, Blair (2020) rapporte les menaces des innovations technologiques sur des émissions carbone, et cela suffit pour questionner nos gestes quotidiens.

J’arrive donc à ma proposition, le combat écologique ne pouvant certainement pas être oublié dans ce choix numérico-scolaire: Si BYOD il y a (en soi, je ne suis pas contre), alors un BYOD écologiquement réfléchi devrait être privilégié. Voici trois propositions à explorer :

  • mettre en place une organisation étatique en charge de reconditionner des machines vieilles de 4-5 ans en y installant UBUNTU (qui tourne parfaitement sur mon mac pour air 11 pouces de 2012!) ;
  • construire les curriculums scolaires pour que les activités des élèves puissent être réalisées sur des Raspberry Pi, connu pour la faible consommation énergétique ;
  • installer un système de computer-sharing (une machine pour deux élèves, à se répartir sur la semaine) ;

Quoi qu’il en soit, il semble urgent d’interroger de la consommation énergétique sous-jacente à un déploiement généralisé des environnements/outils numériques à l’école.

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