Le CRE/ATE – hôte du colloque de l’AUPTIC•Education

Par Pierre-Francois Coen

Du 20 au 22 novembre dernier, le CRE/ATE accueillait plus de 150 participants venus assister au troisième colloque de l’AUPTIC•Education. Des moments…

Du 20 au 22 novembre dernier, le CRE/ATE accueillait plus de 150 participants venus assister au troisième colloque de l’AUPTIC•Education. Des moments intenses d’échanges autour de visions plurielles et critiques de l’intégration des technologies numériques en éducation et dans la formation.

Le colloque a débuté le 20 nov. à l’École professionnelle commerciale de Fribourg par une table ronde réunissant Mathias Reynard, Olivier Maradan, Gaëtan Emonet et Luca Pession. Chacun des invités a commencé par se positionner à partir de la question suivante : intégrer les technologies numériques à l’école et dans la formation : quels défis pour les politiques, les responsables d’institutions et les enseignants ? En dépit d’ancrages différents, les intervenants ont tous souligné l’importance de travailler à une véritable éducation aux médias en notant le rôle primordial des enseignants. Cette éducation aux médias doit toucher différents aspects comme le rôle de l’Internet, les impacts des écrans et des jeux, mais aussi des compétences en littératie multimodale ou autour l’usage de certaines technologies particulièrement utiles pour apprendre. 

Le lendemain, Bernadette Charlier, professeure à l’Université de Fribourg, ouvrait la partie académique du colloque à la Haute École pédagogique de Fribourg. Sa conférence a permis de mettre en évidence tout l’intérêt d’un centrage sur les interactions entre les acteurs et les outils. L’analyse de cette dynamique est un levier pertinent pour développer les learning design. Partant de là, elle a insisté sur le rôle des environnements personnels d’apprentissage (EPA) et sur les moyens possibles à mettre en œuvre pour en analyser le fonctionnement. 

Jean-François Boutin, professeur à l’Université du Québec à Rimouski, a de son côté déployé son discours en notant qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, il est tout simplement impossible de vivre sans technologie. S’appuyant sur une vision post-humanisme, il interroge alors le rôle de l’école. Dans quelle mesure, cette institution est capable d’intégrer – de digérer – ces nouvelles (r)évolution. La littératie multimodale et médiatique semble être un passage déterminant pour doter les futurs citoyens d’outils leur permettant de comprendre le monde dans lequel ils vivent. 

Pour terminer le colloque, Eric Sadin, écrivain et philosophe français, a partagé avec les auditeurs une vision critique des technologies. Selon lui, elles apostrophent notre intelligence, notre rationalité et notre propre humanité. Après l’âge de l’accès et l’âge de la mesure, il semble que la technologie nous enjoint à suivre une vérité, construite à partir d’algorithmes dont on ignore tout. D’abord incitative, puis impérative et prescriptive, la technologie prend un virage coercitif qui, à terme, doit impérativement éveiller les consciences … et les résistances. L’hyperprofilage des individus allié à l’intelligence artificielle est une arme puissante dont il convient de comprendre les enjeux et les finalités pour éviter un asservissement de l’homme. 

En dehors de ces trois moments forts, le colloque a accueilli près de cinquante communicant.e.s venant de nombreux pays qui ont toutes et tous apporté leur contribution à cette réflexion sur le rôle des technologies numériques dans le champ éducatif. Ce colloque a démontré qu’un regard technopédagogique lucide et critique a désormais toute sa place et doit se développer encore. Fort des échanges qui ont émaillé le colloque, la communauté des participants semble parfaitement prête à témoigner de ce nécessaire recul et relever cet urgent défi. 

Le programme restera en ligne quelques mois et permettra d’accéder aux supports de certains d’entre eux. 

Commentaires

Les commentaires sont modérés et ne seront rendus publics que s'ils contribuent à la discussion de manière constructive.