Le CRE/ATE était au Sommet du numérique 2019 à Montréal

Par Lionel Alvarez

Rassembler plus de 1500 personnes du monde de l’éducation autour de la thématique du numérique est la prouesse réussie par le sommet du numérique 2019 à Montréal. Le colloque est…

Rassembler plus de 1500 personnes du monde de l’éducation autour de la thématique du numérique est la prouesse réussie par le sommet du numérique 2019 à Montréal. Le colloque est gigantesque, on baigne dans la culture nord-américaine où plus c’est grand, plus c’est tape-à-l’œil, mieux c’est. Le CRE/ATE y était, et voilà ce que nous en avons retenu.

Ce qui a était saillant durant ce colloque était la diversité cachée derrière le concept de “numérique”. Les conférenciers entendus ont parlé de :

  • marques (que je ne listerai délibérément pas ici)
  • catégories d’outils
    • big data
    • intelligence artificielle
    • tableau numérique interactif
    • réalité virtuelle
    • vidéoconférence
    • technologies d’assistance
  • intentions pédagogiques
    • personnalisation de l’enseignement
    • modification de la situation d’enseignement-apprentissage
    • changement de la temporalité d’apprentissage
    • enseignement à distance
    • soutenir les apprentissages des élèves avec des besoins éducatifs particuliers
  • récit d’expériences

Il semble que les termes “numérique en éducation” cachent une multitude de phénomènes que l’on ne distingue pas encore formellement. Le champ est encore récent et donne l’impression de se chercher quelque peu parfois.

Au-delà des nombreuses conférences qui littéralement firent une pub gratuite aux grandes marques (avec cet outil, on peut faire ça, et c’est amazing !), puis au-delà des nombreuses recherches qui concluent que oui, les technologies numériques sont rapportées par les étudiants comme étant plus motivantes (mettons un kahoot à chaque cours dans chaque discipline, je crains que la motivation ne soit plus la même), il y a eu des espaces de débats et de discussions tout à fait intéressants.

Exemple 1: est-ce que la réalité virtuelle permet réellement un apprentissage et un engagement cognitif plus intense ? Réponse de l’auteur : pas vraiment. Toutefois, elle permet des situations pédagogiques impossibles dans un environnement scolaire traditionnel (p. ex. situations dangereuses, lieux inaccessibles…).

Exemple 2 : est-ce que les tableaux numériques interactifs (TNI) permettent d’augmenter l’engagement et la collaboration entre les élèves ? Réponse de l’auteure : pas vraiment (ou du moins, pas en soi). Mais si l’enseignant.e est invité à voir le TNI comme une opportunité de faire différemment, alors oui, peut-être.

Exemple 3 : est-ce que les tablettes facilitent l’accès à l’apprentissage pour les élèves présentant des besoins éducatifs particuliers. Réponses des auteures : possiblement oui et voilà tout ce qui existe. Les data démontrant la plus-value supposée arriveront peut-être un jour.

Une conférence est sortie du lot en thématisant la « citoyenneté numérique ». Ce concept semble être populaire dans les environnements anglophones, mais peine à être un objet de recherche et de débat dans les environnements francophones. Peut-être est-il temps de ne plus concevoir le numérique comme des outils d’apprentissage, mais comme un environnement dans lequel on vit ?

Commentaires

Les commentaires sont modérés et ne seront rendus publics que s'ils contribuent à la discussion de manière constructive.