Le libre à l’école publique : l’unique solution pour former et non formater

Par Lionel Alvarez

Quels environnements numériques fournir aux élèves/étudiants de l’école obligatoire ? À l’heure où les environnements physiques des bâtiments scolaires sont questionnés, et où des décisions importantes sont prises pour définir…

Quels environnements numériques fournir aux élèves/étudiants de l’école obligatoire ?

À l’heure où les environnements physiques des bâtiments scolaires sont questionnés, et où des décisions importantes sont prises pour définir les environnements numériques d’apprentissage, cette interrogation est centrale.

Le choix d’un environnement numérique en contexte scolaire soulève des tensions importantes, notamment entre :

  • véracité de l’expérience d’apprentissage et sécurité de l’environnement numérique offert,
  • entre devoir de diligence des enseignants et militantisme citoyen anti-GAFAM,
  • entre formation d’esprits critiques ou formatage bureautique…

En effet, choisir un environnement numérique unique revient à standardiser les expériences d’apprentissage offertes aux étudiants/élèves. Cela va, à priori, à l’encontre des ambitions affichées par les compétences du 21e siècle et les capacités transversales de plus en plus valorisées. L’infrastructure déployée dans l’éducation se fonde donc sur des arguments financiers, certes, mais aussi par des ambitions pédagogiques.

  • Un choix de l’infrastructure numérique pour l’éducation publique pourrait être uniquement fondé sur des perspectives fonctionnelles et financières qui imposeraient ainsi des solutions standardisées :
    • Microsoft (Office 365) pour tous. Dans la philosophie BYOD, l’état ne s’occupe ni du hardware ni du software. Les responsabilités sont déléguées aux individus pour l’achat du hardware et à Microsoft pour le service après vente, ainsi que pour le software. La multinationale garantit une ergonomie telle que l’éducation numérique pourrait se réduire à la bureautique.
    • Google (G Suite for Education) pour tous. Idem…
    • Apple  (Apple tools for teaching) pour tous. Idem…
  • Le choix de l’infrastructure numérique pour l’éducation publique pourrait être fondé sur des ambitions pédagogiques fortes qui imposeraient ainsi des solutions ouvertes :
    • Les alternatives libres pour tous. Dans cette perspective, l’utilisation est rendue difficile, de nombreux apprentissages deviennent nécessaires avant de pouvoir faire une présentation sur les feuilles d’automne, une somme pour le budget de sortie de classe sur tableur, ou encore un rapport d’investigation scientifique contenant des photos de boîtes de pétri à trois temps de mesure. Le support technique deviendrait important, car les défis informatiques seraient nombreux. Cela serait coûteux certes, mais la rencontre entre quelqu’un porteur d’une expertise et quelqu’un demandeur de celle-ci n’est-elle pas un lieu d’apprentissage ?

 

Mais il y a les enseignants m’a-t-on souvent dit !

Il est certain que si la prémisse est il faut du numérique et si on n’y arrive pas, c’est à cause des enseignants, l’unique solution envisageable est l’hyperergonomie et la suppression totale de défis sources d’apprentissage. Mais la prémisse pourrait être différente : lorsque le projet pédagogie est clair, les enseignants s’engagent et se donnent la peine de faire les choses bien. Il me semble que les alternatives libres permettent un vrai projet pédagogique porteur de sens, ainsi qu’un projet de société tout à fait défendable.

Mais ils sont peu nombreux à défendre les alternatives libres. Auraient-ils tort ?

 

 

 

Quelques liens vers des organisations qui défendent le libre ou des ressources qui méritent le détour :

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