IaaS -> PaaS -> SaaS… et Education-as-a-Service?

By Lionel Alvarez

Lorsqu’il s’agit de penser aux services informatiques prestés par des compagnies IT, la réflexion des clients est notamment de savoir jusqu’où déléguer la gestion de ses besoins numériques. En bref:…

Lorsqu’il s’agit de penser aux services informatiques prestés par des compagnies IT, la réflexion des clients est notamment de savoir jusqu’où déléguer la gestion de ses besoins numériques. En bref:

  • IaaS (Infrastructure-as-a-Service) correspond à l’accès à l’infrastructure informatique d’un prestataire pour l’exécution d’applications ou de charges de travail.
  • PaaS (Platform-as-a-Service) correspond à l’accès à une plateforme prête à l’emploi pour exécuter ou gérer des applications.
  • SaaS (Software-as-a-Service) correspond à l’accès aux applications hébergées par le prestataire.

Il y a, graduellement, de moins en moins de choses à gérer, un soulagement du travail, une délégation des responsabilités à un prestataire que l’on paie. Il s’agit ici d’un choix que chaque organisation a, entre souveraineté et facilitation, pour gérer ses besoins en ressources informatiques. Plus de logiciel sur sa machine, juste un navigateur, l’utilisateurice n’est plus en possession de rien, mais locataire.

Entre exercice de pensée, provocation, mais aussi travail d’anticipation, Ben Williamson (voir https://codeactsineducation.wordpress.com/) invite le terme Education-as-a-Service. Est-ce légitime aujourd’hui ? Il semble bien que oui, car les services cloud opèrent comme des infrastructures institutionnelles, et lorsqu’il s’agit de cloud à l’école, les contraintes du prestataire s’invitent dans le dialogue pédagogique. Williamson le décrit simplement en disant ceci : “Whole school districts have migrated to cloud systems to enable greater collaboration, access and data flow”.

Toutefois, ces prestataires ne se contentent pas du SaaS, et prestent d’autres services, à la lumière de Google for Education ou MS Azure for Education. Avec leur puissance algorithmique et la tonne de données collectées sur chaque apprenant·e·s (du nombre de connexions, au nombre de feedbacks, à la latence pour rendre un devoir, à la durée des études…), l’ambition émerge : offrir des services pour l’éducation bien plus personnalisé et performant que ce que les écoles publiques peuvent offrir.

Modularité, auto-entrepreneuriat de soi, personnalisation, apprentissage tout au long de la vie… vont de pair avec business, EdTech, clientélisme éducatif, “customer for life”. Est-ce un mal ? Difficile à dire, mais une chose est certaine : si l’agenda des prestataires est clair, les choix des politiques éducatives semblent amener une délégation (en tous les cas partielles) de la responsabilité d’enseignement et de formation. On tendrait, petit à petit, à louer un espace d’enseignement/apprentissage à des grosses boîtes. La vraie question est “est-ce délibéré, maladroit ou contraint”, ou comment le logos du privé entre dans l’école publique par la porte du numérique.

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