Éduquer les IA. Brève réflexion prospective sur un possible nouveau rôle des enseignants

Par Lionel Alvarez

Après les vulgarités et obscénités de Tay, le sexisme des IA utilisées dans les traducteurs automatiques, le racisme…

Après les vulgarités et obscénités de Tay, le sexisme des IA utilisées dans les traducteurs automatiques, le racisme tel qu’une IA indique gorille sur la photo de deux personnes afro-américaines… il semble évident que l’apprentissage profond des IA rendus possibles grâce à de gigantesques bases des données reste encore problématique. La conférence de Kate Crowford et Trevor Paglen (2019) – thématisant le problème autour des banques d’images et de photos – explique brillamment l’ampleur des défis : techniques, certes, mais politiques et sociétaux, voire philosophiques. Mais rêvons et tentons la prospection, notamment suite à de nouvelles potentialités techniques annoncées comme épatantes (voir notamment l’annonce de la création d’un réseau de neurones artificiels de 0,3 milliard de synapses, représentant l’équivalent de 1mm2 de cortex humain).

Imaginons qu’il devienne possible de recréer un machin-truc qui s’approche de près ou de loin des potentialités humaines. J’entends par là que cette machine-chose aurait elle aussi des milliards de capteurs thermiques, de pression, de photorécepteurs, de capteurs olfactifs, de douleurs, de proprioceptions, de vibrations… (pour rappel, un œil possède à lui seul plus de 130 millions de photorécepteurs) qui, mêlés à d’innombrables connexions rendues possibles par notre système nerveux extraordinairement complexe, communiqueraient entre eux. Quelles bases de données suffiront pour permettre à cette intelligence artificielle d’apprendre ? Quelle durée sera nécessaire pour qu’elle s’approprie cette base de données ?

(Notons que cette technologie est au fait déjà maîtrisée. On fait des enfants et on les éduque 😉

Sans aller jusqu’à cet extrême de réplication des potentialités humaines, il semble logique d’imaginer que plus la complexité de l’IA est développée, plus son apprentissage deviendra défiant. J’aime à croire que prochainement, les ingénieurs IT et les data scientists viendront toquer aux portes des Universités formant les enseignants pour tenter de dessiner la formation la plus adéquate possible pour ces IA. Ce sera teinté d’un projet de société qu’ensemble, IT specialist et enseignant, choisiront les expériences et les médiations qui seront offertes à la machine pour lui permettre d’apprendre.

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