Une déclaration pour un enseignement des langues de qualité en Europe | Les 25 ans du CELV / ECML

Par Philippe Humbert

Basé à Graz (Autriche), le Centre européen pour les langues vivantes du Conseil de l'Europe (CELV) vient de fêter ses 25 ans. En marge d'une série de conférences publiées en streaming les 5 et 6 décembre, le CELV a présenté un projet ambitieux de déclaration à l'attention des Etats membres du Conseil de l'Europe. La rédaction du CeDiLE vous en propose un bref aperçu.

—[deutsche Version hier]—

Institution cherchant à tisser des liens entre politique, recherche, didactique et enseignement des langues, le CELV est actif dans la promotion et la mise en oeuvre d’une éducation aux langues de qualité. Le Centre inscrit sa démarche éducationnelle dans une vision globale « qui soit inclusive, plurilingue et interculturelle, » reconnaissant « la nécessité d’approches pédagogiques différenciées en fonction des besoins des apprenants et des contextes linguistiques » (version française de la déclaration, p.1). Pour remplir sa mission, le CELV a mis en consultation une déclaration dont l’objectif principal est « de sensibiliser l’opinion à l’importance politique de l’éducation aux langues et de répondre à la nécessité d’un soutien constant et renforcé pour une professionnalisation de ce domaine partout en Europe. » (ibidem) À cet effet, la déclaration présente les 9 piliers susceptibles de concrétiser un projet autant politique que pédagogique.

L’enseignement des langues à l’école comme programme politique pour combattre l’intolérance

L’introduction du texte de la déclaration dépeint l’image d’une Europe bouleversée. Le CELV y reconnait de profonds changements démographiques, faisant écho aux récentes – et souvent tragiques – vagues migratoires. L’institution dénonce « une intolérance et une xénophobie grandissantes à l’égard des autres peuples », soulignant l’urgence d’agir en contexte scolaire pour que les sociétés européennes contrent ce radicalisme (ibidem). Selon le CELV, il est dès lors primordial de favoriser l’apprentissage des langues d’enseignement à des fins d’intégration de populations vulnérables, tout en donnant une place aux langues de la migration pour que cette intégration soit harmonieuse et respectueuse de la diversité, comme en témoigne l’un des 9 piliers figurant en p.2 de la déclaration.

Un processus démocratique à l’ère du numérique

Les 9 piliers de cette déclaration reflètent des objectifs politiques, sociaux, culturels, économiques et pédagogiques. Si chacun de ces sous-objectifs laisse une vaste marge d’interprétation, c’est probablement pour permettre à chacun des Etats membres du Conseil de l’Europe de trouver un moyen de les adapter à leur situation socio-économique et culturelle. Certains sont plutôt destinés aux enseignant·e·s, d’autres aux décideur·euse·s politiques ou encore à une diversité de types d’apprenant·e·s. Les 9 piliers sont à découvrir en français et en anglais. Les conférences ainsi qu’un « online poll » sont disponibles sur cette page, donc n’hésitez pas à revoir les présentations et à participer à ce processus qui se veut profondément démocratique.

Des ressources concrètes pour les enseignant·e·s (de langues)

Le site du CELV / ECML regorge de ressources en ligne pour les enseignant·e·s de langues! Si vous ne l’avez pas encore fait, la rédaction du CeDiLE recommande fortement à tou·te·s les professionnel·le·s de l’enseignement des langues d’aller y faire un tour… ou d’y retourner, car le site est régulièrement mis à jour.

 

 

Photo by Kelly Sikkema on Unsplash

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